L'histoire d'une passion

Par  Alain Journet.

Le son est ma passion depuis très longtemps . . .

Tout a commencé lors une visite d'un studio de Radio France en 1967, à l'époque la RTF, à l'occasion d'une journée portes ouvertes. La présentation 4434287-le-logo-radio-france-diapo-1d'une régie son se termine par "l'écoute en haute-fidélité", d'un enregistrement réalisé dans le studio attenant. Je suis alors complètement fasciné par la limpidité et la dynamique du son restitué par les enceintes de contrôle.

Pris par le virus, à 15 ans, je réalise ma première enceinte acoustique avec des composants Audax, et mon premier amplificateur monophonique à tubes.

Ma première écoute stéréophonique au casque, en 1968, du formidable et maintenant légendaire album "Sergent Peppers" des Beatles est un véritable choc esthétique, l'effet spatial sur la voix de Paul Mac Cartney lors de la reprise du thème juste avant le sublime "A day in the life" est hallucinant, et l'ensemble de l'album une parfaite démonstration des possibilités de la stéréophonie.
Je décide évidemment de monter une 2° enceinte et d'ajouter un canal à l'amplificateur.

Celui-ci devient transistorisé, mais à la première mise sous tension, il fume et je casse sans comprendre pourquoi les transistors de puissance. Après quelques coups de blues, et au bout d'une semaine, je trouve enfin l'erreur de câblage cause de ce désastre.

Un jour chez un libraire, je trouve par hasard "Loudspeakers" de G.A. Briggs, le fondateur de Wharfedale. Ce livre décrit la conception et la mise au point des haut-parleurs et des enceintes 8172845806acoustiques depuis les années 30. Il devient ma "Bible".
Son approche très expérimentale, parfois même empirique, me fait prendre goût à des essais et des modifications sans fin, d'ébénisteries, de filtrage. . .
Je commence alors à réaliser que les bases théoriques sont nécessaires pour progresser.

Aussi, j'entreprends une formation d'ingénieur électronicien à l'ENI de Brest d'où je sors diplômé en 1975, puis une spécialisation en acoustique, DEA au Mans en 1976.

À Brest, j'ai la chance d'assister à de beaux concerts. Je découvre avec émerveillement le son réel de grandes formations. Aujourd'hui, je ne me souviens plus très bien des morceaux interprétés, mais je garde encore intact le souvenir d'intenses émotions musicales.
De douceur à violence l'orchestre Symphonique de Dresde me bouleverse littéralement.
Le Big Band d'Ellington dirigé par le Duke en personne me communique une pulsation obsédante.
C'est une véritable révélation, mais c'est aussi le constat que la Haute Fidélité a encore beaucoup de progrès à faire, ce qui est très motivant.

Je dévore avec avidité tous les numéros de la Revue du Son, le matériel me fait rêver, aussi suis-je très excité lorsque je me rends pour la première fois en 1972 au Festival du Son à Paris au Grand Palais !
Je peux enfin écouter et voir toutes ces merveilles, et, cerise sur le gâteau, j'ai la chance de rencontrer André Charlin, un pionnier du son, ses enregistrements musicaux restent aujourd'hui encore des références.